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François Daireaux - Blow Bangles, 2013

MUSÉE/CENTRE D’ART DU VERRE

Manuel Fadat & Laurent Subra

Ilots d’utopies, un esprit Jaurès
19/4/2014-15/10/2014
 
Le projet de l’exposition « Ilots d’utopies, un esprit Jaurès… », présenté au Musée/Centre d’art du verre à Carmaux du 19 avril au 15 octobre 2014 a pour objectif premier de commémorer la mort de Jean Jaurès (1914), personnage intrinsèquement lié au département du Tarn, au bassin Carmausin, à la ville de Carmaux, à l’Histoire de la Mine et de la Verrerie. Jaurès, c’est une partie de l’ADN du Carmausin. L’exposition s’articule autour d’une sélection d’oeuvres d’artistes contemporains, dont certains sont de renommée internationale, oeuvres liées entre elles par la présence du verre et d’un esprit Jaurès.
 
La notion d’engagement
La notion d’engagement, des engagements, est un point de départ du projet par le parallèle fait entre deux personnages : Jean Jaurès et Emile Gallé. Deux fervents dreyfusards.
L’affaire Dreyfus qui, de 1894 à 1906, bouleversa profondément la société française.
Émile Gallé (1846-1904), définit par le critique d’art Roger Marx comme l’ « homo triplex » - verrier, céramiste et ébéniste - est connu pour son rôle majeur dans le mouvement de l’Art nouveau et la fondation de l’école de Nancy mais l’Histoire semble avoir moins retenue son engagement dreyfusard pionnier et durable. Le dreyfusisme de Gallé recoupa ses ardeurs de militant, ses pratiques artistiques, ses occupations industrielles et commerciales, et ses activités de polygraphes. (cf. Bertrand Tillier1 « Émile Gallé, le verrier dreyfusard »)
Voilà ainsi deux figures liées au verre, à la politique, au politique, au militantisme, à l’art, à l’industrie, à l’émancipation. Les liens unissant ces deux hommes s’inscrivent dans le projet comme un fil d’Ariane tissé en volume et aux multiples facettes ; prismatiques. 
1 Bertrand Tillier est Docteur en histoire de l’art, spécialise des rapports entre l’art et la politique au XIX° siècle, maître de conférences à l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne. 

Posted 16 January 2014

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Tisser des liens entre un patrimoine verrier local relié à la grande Histoire et la création contemporaine
En outre cette association rejoint le propos scientifique et culturel du Musée/Centre qui consiste à tisser des liens entre un patrimoine verrier local relié à la grande Histoire et la création contemporaine internationale en verre dans les domaines des arts plastiques, du design et des métiers d’art.
Cependant Jaurès reste l’élément central sur lequel s’appuient les choix des artistes et des oeuvres.
Plus que de construire, ou de conserver, une image « fantasmée» de Jean Jaurès, il fallait naturellement, pour mieux la « saisir », faire se lever la figure de Jaurès dans sa complexité (homme de lettre, orateur, opiniâtre et rigoureux, journaliste, métaphysicien, homme politique… toutes ces facettes développées dans l’excellente biographie de J-P Rioux), tout comme il fallait saisir sa « pensée », sa lecture du monde, « son » esprit « dans » l’esprit du temps (Weltanschauung / Zeitgeist). Ceci sous-entendait qu’il fallait « aussi » se frotter aux conceptions n’étant pas forcément proches des nôtres (le caractère « unitaire » et « hégélien », son rapport à dieu et à la religion, sa « métaphysique » de type néoplatonicienne, le fin connaisseur des humanités grecques et latines, et l’ensemble des facettes qui composent le personnage et qui maillent sa singularité).
Il fallait comprendre les enjeux et les raisons de la montée de la sève politique (laquelle est traversée par sa métaphysique « unitaire » qui s’exprime au travers de sa thèse De la réalité du monde sensible). Bien sûr, ces conceptions et prises de positions (ainsi que sa participation à l’émergence de nouvelles formes, de nouveaux outils de production, telle la coopérative verrière expérimentale) nous éclairent sur le « lien » à l’Homme, l’Ouvrier, les Conditions de travail, lequel ne peut être compris que dans une perspective « espérantielle » : il faut être tourné vers le futur, horizon des possibles (ce qui le relie directement aux utopies de gauches évoquées par Ernest Bloch, et notamment à la notion d’utopie concrète). 

Emile Gallé - le vase de tristesse, 1889

Plus que de construire, ou de conserver, une image « fantasmée» de Jean Jaurès, il fallait (...) faire se lever la figure de Jaurès dans sa complexité
pacifisme, internationalisme, son espérance en l’homme, conception particulière de la république (organique) de la justice, de la solidarité, du suffrage universel, de l’importance des organismes autonomes tels syndicats et coopératives, de la lutte des classes (conception d’un état non figé travaillé à la fois par la lutte des classes et à la fois par la collaboration entre les classes), la liberté de conscience, la « dignité », etc. Autant d’éléments, qui, au passage, méritent de se poser la question de la politique aujourd’hui. Et bien entendu, s’il n’est pas associé directement aux « utopies artistiques et politiques » de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, il est relié quoi qu’il en soit à celles-ci (Zeitgeist), et il est traversé, pour résumer drastiquement, par ces deux idéaux majeurs que sont la « transformation du monde » et le fait de « changer la vie », qui traduisent et expriment les grands bouleversements de la fin du XIXe siècle.
 
La recherche d’un esprit jaurésien
Il était donc évident que si nous cherchions, en quelque sorte, à ce qu’un « esprit jaurésien » traverse l’exposition du Musée / Centre d’art du verre, il fallait cependant opérer une série de « sauts » dans la mesure où jamais nous n’aurions pu déterminer « ce que Jaurès aurait pu être aujourd’hui » (bien que ce fut une des premières bases du travail que de tenter d’observer ce qui, dans certaines oeuvres en verre contemporaines, pouvait « refléter », « transcrire », « exprimer » l’esprit de Jaurès, comme une forme de « survivance », pour faire référence à Didi-Huberman). Quoi qu’il en soit, respectant le projet scientifique et culturel du Musée / Centre d’art du verre articulé à ce travail de mémoire et les fondements politiques (dans toutes les acceptions du terme, puisque ce Musée comme cette exposition sont des projets politiques) qui sous-tendent l’exposition, il a paru évident qu’il fallait travailler, pour faire simple, sur la création (« en » verre ou «avec » le verre) comme source d’émancipation, sur les « visions », les utopies artistiques, les oeuvres micro-politiques, la fonction critique de l’art, voire des oeuvres politisées, dites réflexives, permettant la distanciation, l’interrogation, le dévoilement. OEuvres qui sont également animées par certaines notions : lutte, espérance, visions, utopies, croyance, énergie, résistance, etc…

Melik Ohanian - Futuring [Planet], 2011

Interview

Thomas Léon - Glass House, 2011

La saison 2014 du MCDAV sera plus que jamais marquée par Jean Jaurès. En effet, pour commémorer le 100ème anniversaire de la mort du grand humaniste tarnais, l’équipe du Musée proposera une sélection d’oeuvres qui accompagneront le visiteur dans un travail de mémoire au travers de la création en verre.
Rencontre avec les commissaires d’exposition : Manuel Fadat et Laurent Subra“
 
Dans cette exposition, vous donnez une certaine définition de « l’esprit Jaurès ». Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
La figure de Jean Jaurès est particulièrement complexe : homme de lettre, orateur, journaliste, homme politique, poète… Toutes ces facettes, nous devions les prendre en compte pour saisir sa « pensée », sa lecture du monde. Au-delà de son implication historique dans le bassin carmausin et de l’histoire verrière du territoire, un élément nous a semblé réunir tous ces aspects : l’engagement et la notion d’utopie.
 
A partir de ces notions, comment avez-vous sélectionné les oeuvres de l’exposition et comment se traduit l’utopie dans le travail des artistes ?
Au départ nous avons tenté de donner une définition de la notion d’utopies chez Jaurès : sa conception de la politique, son amour de la Paix, sa confiance dans l’avenir malgré « la montée des périls », sa foi en l’Homme… Nous nous sommes également intéressés au travail de Thomas More1, qui fut le premier à utiliser le terme « utopie » pour décrire une société idéale au sens politique, au sens de la vie dans la cité, décrivant les organisations, les structures qui régissent la vie en communauté.
Dans un second temps, nous avons fait un parallèle avec un contemporain de Jean Jaurès : Emile Gallé. Tous deux avaient comme points commun le militantisme, des préoccupations sociales et politiques sur l’ère industrielle (du XIXème) et surtout ils étaient tous deux de fervents dreyfusards. Cet engagement contre une injustice teintée d’antisémitisme bouleversa l’époque et participe également au changement des représentations artistiques.
Cette volonté de « transformer le monde», d’interroger les relations entre les hommes, du vivre ensemble en s’appuyant sur des utopies aura été le fil rouge de notre sélection.
Ainsi, chaque oeuvre présentée dans l’exposition « Ilots d’utopies » soulève ces questions et aborde ces notions : la paix, la guerre, avec Dafna Kaffman, la géopolitique avec Melik Ohanian, la condition ouvrière avec François Daireaux, etc.
La sélection des artistes est une accumulation de facettes orientées, et donc nécessairement subjectives, constituant in fine un volume en 3 dimensions, un objet orienté. Il ne s’agit pas de définir ce que serait aujourd’hui la pensée de Jaurès mais plutôt d’invoquer un esprit Jaurès, offert au libre arbitre et aux sens du spectateur.
 
Dans le MCDAV la scénographie joue un rôle particulier. Elle accompagne le visiteur dans sa compréhension, son expérience des oeuvres présentées. Pouvez-vous nous parler de celle de l’exposition 2014 ?
En effet, nous sommes attentifs à la scénographie et au parcours qu’elle induit.
Cette saison, l’idée maîtresse de la scénographie se trouve dans le nom de l’exposition : « îlots d’utopies… ». Il s’agit ici d’inviter le spectateur à déambuler d’une oeuvre à l’autre, d’un ilot à l’autre, d’une idée à l’autre, avec comme fil d’Ariane la notion d’utopie. Chaque oeuvre tissant un lien direct avec celle qui la suit et la précède.“
Manuel Fadat & Laurent Subra

Thierry Boyer
«Mes premiers travaux sont des sculptures réalisées sous forme d’assemblages, à partir de matériaux d’origine industrielle : fer, métal, bois, verre…
Ils témoignent du lien à mon environnement d’alors et questionnent le rapport à un monde industriel en train de tomber en désuétude. Des formes se sont imposées à la fois agressives et fragiles, guerrières et clémentes, violentes et vulnérables. Ceux qui les découvrent peuvent être à la fois repoussés et attirés par leur altérité.
Les dispositifs plus récents explorent d’autres aspects de notre monde. Leur lecture paraît moins dualiste mais plus complexe. Mon travail à Penne du Tarn, au Japon et en Norvège, m’a conduit à m’interroger autrement. Il ne s’agit plus de s’intéresser exclusivement à la seule présence physique de l’objet, mais à considérer un espace à pénétrer, à explorer qui à son tour, laissera une empreinte dans ma façon de percevoir d’autres lieux.
Les formes, les dimensions, les matériaux ont subi des transformations radicales en fonction des opportunités et des interrogations apparues lors de ces interventions. Ces variations m’ont permis d’investir et de m’approprier de nouveaux territoires physiques et symboliques. Les images qui leur sont associées, photographies et vidéos, viennent s’interposer pour renforcer ; alléger, disperser, contredire la présence de l’objet. Elles aident à métamorphoser des éléments du vivant qui se sont introduits dans mes recherches en induisant des actions, des sensations et parfois des réflexions propres à la singularité de chaque expérience.
Ces réalisations entrent en résonance avec les questions auxquelles nous ne pouvons actuellement plus nous soustraire, celles que se pose tout homme dans à un environnement dont il éprouve parfois l’impermanence, celles qui façonnent mon cheminement vers un monde en devenir tout autant esquissé par l’incertitude que par l’espoir.
L’élargissement des modes de production m’amène à considérer de manière incessante l’émergence de nouveaux enjeux quant à ma production d’oeuvres.»

Thierry Boyer

François Daireaux
François DAIREAUX développe depuis une vingtaine d’années un art de l’installation qui intègre différents médiums : sculpture, photographie, vidéo ; rapportées de ses nombreuses pérégrinations de par le monde. Loin de l’exotisme ou de l’anecdotique, en observateur minutieux, il s’attache aux gestes, aux objets, au temps qui passe pour nous faire découvrir des couches insoupçonnées du réel.
L’exposition BLOW BANGLES PRODUCTION est le résultat de multiples allers- retours de l’artiste entre le territoire verrier de Firozabad en Inde et celui de Meisenthal en Moselle. Firozabad est une ville connue depuis des siècles pour sa production de bracelets de verre – les « bangles » – en quantité phénoménale. Pour François DAIREAUX « le monde est une sculpture qui s’ignore ». Pendant deux années consécutives, l’artiste fait l’expérience du territoire verrier de Firozabad, le photographie, le filme et réalise l’inventaire de toute une production qu’il délocalise ensuite en l’exportant à Meisenthal au centre international d’art verrier (CIAV). Une collection de 404 « toras » – bouquets de « bangles » entremêlés – est alors soufflée dans des moules sauvegardés par le CIAV après les fermetures successives de nombreuses verreries lorraines. De là est née l’installation Blow Bangles composée de 404 « empreintes » de verre soufflées à la bouche. À La Maréchalerie, à Versailles, l’ensemble des « empreintes » est circonscrite dans un cercle de lumière, le visiteur est plongé dans l’obscurité face à une production qui fait image et fusionne avec la bande son du film Firozabad. Il ne découvre que dans un second temps les images du film. À l’extérieur, en façade, l’installation Power, « empilements de toras de bracelets de verre noirs, couleur qui symbolise le pouvoir », condamne les ouvertures du centre d’art.

Selon Alexandrine DHAINAUT « BLOW BANGLES PRODUCTION», projet à tiroirs multiples, est à regarder à la loupe. Non seulement parce qu’il s’avère extrêmement dense et complexe dans les nombreuses notions abordées ou dans ses différents développements plastiques (photographique, filmique et sculptural), mais aussi parce que, sous son aspect séduisant (le caractère hypnotique du ballet chromatique et cinématique du film, ou la beauté des 404 « empreintes » étalant dans l’espace leurs couleurs, formes et brillances à l’infini), se cache une réflexion politique sur le monde et les effets de la mondialisation. »

François Daireaux

Emile Gallé 

Emile Gallé 
Emile Gallé naît à Nancy en 1846. Fils de Charles Gallé, maître verrier installé dans la capitale Lorraine en 1844, il fait des études marquées par une solide éducation protestante et de bonnes dispositions pour les lettres, la philosophie et la botanique. Après le lycée, il se rend en Allemagne pour poursuivre ses études, mais il s’intéresse déjà à la chimie, et à l’apprentissage des techniques de fabrication du verre. Il se lie d’amitié avec Victor Prouvé (1858-1943), fils de l’un des collaborateurs de son père avec lequel il s’initie à tous les secrets du verre et de sa décoration.
La guerre de 1870 et l’annexion de la Lorraine et de l’Alsace par Bismarck conduisent Emile Gallé, totalement indigné à s’engager dans un régiment d’infanterie, alors qu’une partie de sa région natale était en quelques mois occupée par les soldats prussiens. Très opposé à cette occupation, il restera marqué très longtemps par cette guerre et par la défaite française, qui est suivie quelques mois après, du soulèvement de la Commune de Paris.
Après avoir été démobilisé, il décide d’aller à Londres où il découvre les collections du Musée de South Kensington et les Plantes de Kew Gardens. Il voyage ensuite à Paris, puis en Italie et en Suisse, au cours desquels voyages, il s’imprègne dans les musées, de la culture du passé et des motifs décoratifs de la verrerie médiévale, des objets d’art islamiques, ou des styles rococo dans l’orfèvrerie et l’argenterie du XVIIIème, et dans les jardins de la fraîcheur des couleurs et de la beauté des formes.

Dafna Kaffman 

Dafna Kaffman 
Dafna Kaffman termine ses études en 2001 et développe une pratique artistique personnelle et délicate. De 2006 à 2013 elle participe à de nombreuses expositions collectives en Europe et aux États-Unis.
« L’utilisation d’un lexique botanique qui suggère la commémoration, le sacrifice et le deuil.
L’artiste mêle les objets en verre méticuleusement conçus et travail de broderie. «
Les oeuvres de Kaffeman sont exposées dans les collections de divers musées, comme le Musée du verre de Corning à NYC, le Musée d’art contemporain de Montréal, le Victoria and Albert Museum, Londres. Elle est Maître de conférence et professeure à l’Académie Bezalel d’art et de design.

Thomas Léon 

Thomas Léon 
Thomas Léon développe depuis plusieurs années sa pratique à travers des installations et participe régulièrement à des projections ou expositions en France et à l’étranger : «Glass House» au lux, Scène nationale à Valence (2012); «Le Digital Art Festival» au Digital Art Center à Taipei (2011); «Rendez-vous 11» et «Rendez-vous 12» à L’Institut d’art contemporain à Villeurbanne et à la South African National Gallery au Cap (2011 et 2012).
Le travail de Thomas Léon se construit à partir des outils informatiques et plus particulièrement de l’image de synthèse. Il s’incarne dans des médiums allant de l’installation vidéo à l’impression numérique, en passant par l’installation sonore ou la conception de volumes assistée par ordinateur.
Il puise ses sources dans la littérature (romans d’anticipation et littérature utopique) ou les projets des avant-gardes, dont il tire une partie de ses problématiques : les relations complexes qui se développent entre un projet, sa représentation et sa mise en oeuvre (architecture, urbanisme, modèles de sociétés idéales) ; les liens entre les questions de forme et les enjeux de pouvoir.
Ces problématiques s’articulent à des questionnements plus particulièrement esthétiques (rapport de l’art à la réalité, évaluation des apports de la modernité et des valeurs formelles inhérentes à chaque médium, mode et temps d’apparition de l’oeuvre, action du spectateur) afin d’interroger la persistance de modèles, d’archétypes, et de produire des formes nouvelles.
 
Étudiant aux beaux-arts de Versailles où il rencontre notamment Michel Journiac au milieu des années 1970, Jean-Luc Moulène poursuit sa formation à l’Université Paris 1 et obtient une maîtrise en Arts-Plastiques en 1979. Il exerce ensuite pendant une dizaine d’années la profession de conseiller artistique dans le groupe Thomson. En 1989, il décide de se consacrer essentiellement à ses activités de création. Il enseigne d’abord à l’École Nationale de Communication, d’Art et de Design de Nancy, puis à l’École Supérieure Art et Design d’Amiens et enfin à l’École d’Art de Grenoble. Il renonce à l’enseignement en 1999 et se consacre depuis exclusivement à son activité artistique.
Les premières expositions significatives de Moulène ont lieu à Paris, à la galerie J & J Donguy, en 1985 puis en 1989. Représenté par la Galerie Anne de Villepoix, il acquiert ensuite rapidement une dimension européenne avec des expositions en Belgique, en Allemagne, en Grèce, en Espagne, en Pologne... À partir de la fin des années 1990 et après avoir rejoint la Galerie Chantal Crousel au début des années 2000, il expose également en Asie, au Moyen-Orient et en Amérique latine, en particulier au Japon, au Liban, au Brésil et au Mexique. Sa première grande exposition personnelle en Amérique du Nord, organisée par la Dia:Beacon, a lieu en 2011.
Au fil de plus de trente années de production, l’oeuvre de Jean-Luc Moulène s’avère étonnamment diversifiée. Constituée depuis ses débuts de dessins, elle comprend aussi quelques peintures, de très nombreuses photographies, des affiches, des éditions spéciales de journaux, des brochures, des livres et des sculptures. Parmi les photographies, beaucoup forment des séries. La série des Disjonctions couvre une période de plus d’une dizaine d’années, jusqu’au début des années 1990. Elle est suivie de la série des Objets de grève, acquise par le Centre Georges-Pompidou en 2003, puis de la série des Produits de Palestine. En 2005, il présente la série Les filles d’Amsterdam à la Galerie nationale du Jeu de Paume de Paris et une série de photographies de 24 statuettes des collections du Louvre dans les sous-sols du musée. Plus récemment, il publie sous forme d’ouvrage une série réalisée sur plus de 15 ans consacrée à Fénautrigues, une petite commune du Lot proche de Saint-Céré. À partir du milieu des années 2000, ses expositions mêlent de plus en plus fréquemment dessins, photographies et sculptures. En 2010, il participe d’ailleurs à une exposition au musée Bourdelle explicitement dédiée à la sculpture et, en 2011, réalise deux objets monumentaux, Body et Body versus Twizy, produits par Renault.
Artiste exigeant, réputé difficile, parfois controversé, Jean-Luc Moulène accumule patiemment une oeuvre qui, au-delà de sa diversité, exprime tout à la fois une réflexion permanente sur la condition de l’artiste dans la société, une critique radicale à l’encontre des manipulations et des séductions de la représentation et une recherche formelle souvent non dénuée d’humour ou de dérision.

Melik Ohanian 
Melik Ohanian est né en France en 1969. Il vit et travaille entre Paris et New York. Il a montré son travail lors de plusieurs expositions personnelles : Galerie Chantal Crousel et Palais de Tokyo à Paris, South London Gallery à Londres, De Appel à Amsterdam, IAC à Villeurbanne, Yvon Lambert à New York, Museum in Progress à Vienne, Matucana 100 à Santiago du Chili. Il a également participé à de nombreuses expositions collectives dans le monde et en particulier aux Biennales de Sao Paulo (représentation française), Berlin et Sydney en 2004, aux Biennales de Moscou et de Lyon en 2005, aux Biennales de Gwangju et de Séville en 2006, et plus récemment à la 52e Biennale de Venise en 2007.
Le travail de Melik Ohanian s’entend en termes de territoires physiques et conceptuels dont le point central serait la notion de temps. Nourrie de recherches, de méthodes scientifiques et de philosophie, son oeuvre se développe au travers d’une multiplicité de médiums. Les dispositifs réalisés interrogent les modes de représentation de l’exposition et dépassent les cadres habituels de l’image dans ses dimensions spatiales et temporelles. Plaçant le visiteur dans un état d’exploration, l’artiste met à jour la complexité des écarts qui, de manière plus ou moins évidente, régissent nos rapports au monde et à autrui.

Melik Ohanian 

ZORITCHAK Yan, Signal cosmique, 1984
Cristal taillé, poli et gravé, 25 x 25 x 11,2 cm
Collection FRAC Languedoc-Roussillon
Photo : Pierre Schwartz
© Adagp, Paris

Yan Zoritchak
Yan ZORITCHAK est né 1944 à Zdiar, en Slovaquie.
Il fait ses études artistiques à l’Ecole des Arts Décoratifs de Bratislava puis à l’Ecole Supérieure du Verre Appliqué de Zelezny Brod (1959-1963) et à la Haute Ecole des Arts Appliqués de Prague (1963-1969).
En ce temps, le verre de Bohème était l’un des plus reconnus au monde et la création verrière, en plein essor, innova sous toutes ses formes, autant dans l’art que la production industrielle, la création libre ou l’architecture.
Depuis 1970 Yan ZORITCHAK vit et travaille en France, où ses mérites sont reconnus depuis de nombreuses années puisqu’il a été nommé Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en 1987.
Yan ZORITCHAK est l’un des artistes verriers les plus créatifs de notre époque. Il est l’auteur de nombreuses séries de sculptures présentées dans des lieux prestigieux, aux titres évocateurs d’éblouissants voyages dans l’univers: Fleurs polaires, Arctique et Antarctique, Fleurs célestes, Lacs d’espace, Rochers errants, Espaces, Jardins célestes, Nova, Messagers….
Il est également un talentueux chercheur et théoricien qui participa au tout début de l’aventure d’un centre d’art hors du commun, le Centre International de Recherche sur le Verre et les Arts plastiques, aujourd’hui implanté à Marseille.
Les oeuvres de Yan ZORITCHAK sont présentes dans plus d’une cinquantaine de collections publiques en France et dans une douzaine de pays étrangers, en Allemagne, Australie , Belgique, Chine, Hongrie, Japon, Pologne, Slovaquie, Suisse, Tchéquie, Ukraine et USA . Depuis 1973 l’artiste a réalisé plus de 80 expositions personnelles en Europe, aux USA et au Japon. Il est le lauréat de prix internationaux prestigieux.
Yan ZORITCHAK est un passionné d’astronomie et son parcours artistique a été fortement influencé par les étoiles. Le Dr Karol Malinak écrit à ce sujet: «il les scrute, les observe, les examine et communie avec elle. Il reçoit les signaux et messages célestes, les traduit et les retranscrit en langage d’art, créant ainsi une oeuvre unique, document onirique, récit de voyage imaginaire, dialogue avec l’univers, tendant vers les cimes de la beauté et de l’harmonie.»
Yan ZORITCHAK commente ainsi les relations entre cette passion et son art: «Par une balade dans la voie lactée, nous menant d’un espace intergalactique à la ceinture des astéroïdes, j’aimerai évoquer par mes sculptures la relation entre l’espace-temps et l’’homme.
Pour suivre ce fil d’Ariane, j’utiliserai le verre, premier matériau de synthèse créé par l’homme, et vecteur de la communication du troisième millénaire. Cette matière noble, nous permet de regarder de l’infiniment petit jusqu’aux quasi limites de l’infini.
Mes sculptures me permettent de ramener sur la terre des portions de l’espace, facilitant à chacun de nous le voyage dans l’univers. Par le jeu lumineux de la réflexion et de la réfraction, dans mon esprit ou dans la vision de l’homme, on approche la quatrième dimension.»
(Yan ZORITCHAK , Talloires, le 27 septembre 1995)
De lui, le Ministre Philippe DOUSTE-BLAZY à écrit: «Cet artiste passionné du cosmos nous offre ses sculptures de lumière qui, tels de précieux écrins, emprisonnent dans le cristal de fugitifs éclats incandescents, ramenés d’un hypothétique voyage intergalactique.
Les fulgurances poétiques de l’artiste évoquant la grande explosion originelle de notre monde: Yan Zoritchak apparaît, dès lors, tel le chef d’orchestre d’un big bang imaginaire. «
Commentant l’oeuvre de ZORITCHAK, Philippe CHABERT Directeur du Musée d’Art Moderne de Troyes écrit: C’est … par le verre que Zoritchak s’exprime, en se livrant à un inventaire de l’espace qu’il nous restitue à mesure de l’évolution de sa connaissance. Ainsi le verre permettra toujours de voir, du plus petit au plus grand et du plus grand au plus petit. Emerveillé devant cet infini changeant, aux limites toujours repoussées, qui se découvre chaque jour un peu plus, ZORITCHAK enferme dans le cristal des portions d’espace: une restitution de ce qu’il sait et que nous ne pouvons percevoir à l’oeil nu : astéroïdes, nébuleuses... nous apparaissent plus proches, plus palpables...
Le verre, de son état liquide à sa cristallisation, retient la mémoire du monde, d’un monde qui a été, qui se fait, qui est en devenir.
Les oeuvres de Yan ZORITCHAK, en dehors de leur contenu poétique, sont aussi des sculptures qui allient forme extérieure et forme intérieure, couleurs et espaces. Le verre, coloré, taillé, offre une liberté de perception. On pourrait appliquer à l’art de Yan ZORITCHAK, ce que Jean Cassou conférait au peintre Kandinsky, lorsqu’il écrivait que «son espace était le lieu des astres».
L’année 2005 a une signification toute particulière pour Yan ZORITCHAK. Il est mis à l’honneur par son galliériste Daniel GUIDAT qui organise une série d’exposition qui lui sont consacrées sous le titre de «Millénium ZORITCHAK».
 
En 2013, il a été le parrain de la 6ème Biennale des verriers à Carmaux.

INFOS PRATIQUES
Ouvert tous les ans du week-end de Pâques au 15 octobre
 
MUSÉE/CENTRE
D’ART DU VERRE
Domaine de la Verrerie
BP 40 - 81400 CARMAUX
Tél. : 05 63 80 52 90
Fax : 05 63 80 52 91
museeverre@cc-carmausin.fr
www.museeverre-tarn.com
 
Visites
Tous les jours sauf le mardi de 10h à 12h et
de 14h à 18h - fermé le 1er mai
Ouvert tous les jours en juillet et août de 10h à 12h
et 14h à 19h

Jean-Luc Moulène

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